dimanche 14 janvier 2018

Propos sur le bonheur (Alain, 1925)

Il faut prendre ce livre pour ce qu'il est, soit un ensemble d'articles courts, inspirés par l'actualité et le quotidien et destinés à être publiés dans des revues.

Ce n'est pas une œuvre philosophique mais plutôt une démonstration , une méthode de réflexion, une sorte de philosophie pour les nuls qui expose une manière de penser les problèmes du quotidien afin de les gérer, voire de les dépasser.

L'exercice a ses limites. Destinés à une publication éphémère, ancrés dans la réalité d'une époque et d'un public, ces propos peuvent paraître parfois datés ou limités à un contexte particulier.
Il ne faut pas, me semble-t-il, y chercher une portée universelle ou une méthode magique pour être heureux.

On peut adhérer ou pas aux propos d'Alain. A la limite peu importe. Le plus intéressant dans ce livre me paraissant la démarche, cette façon de faire de la philosophie sans le savoir, sans avoir besoin de connaissances ou de références particulières, cette manière d'appréhender nos états d'âme, de les analyser, de les observer avec recul , de les décortiquer pour ne plus les subir, sans pour cela s’appesantir dans l'introspection poussée, en tenant compte de notre nature animale, de l'influence de notre physiologie sur nos perceptions.

C'est un livre qui fait du bien, qui donne envie de s'ébrouer, de se secouer, l'action libre, voulue, consentie étant le meilleur remède à la mélancolie.
Et puis sa forme, cet assemblage de chapitres aux titres clairs et précis, sans construction particulière, permet de l'ouvrir au hasard, d'en lire quelques pages au gré des envies ou de l'humeur du moment.
Soit un excellent remède à la morosité, une façon de ne pas faire du malheur avec de banales contrariétés.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire